EN BREF
L’augmentation des loyers au Québec s’explique par plusieurs facteurs : la hausse des taxes foncières et des primes d’assurance, les frais d’entretien et de travaux, ainsi que le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché locatif. Le coût élevé des matériaux de construction engendre notamment des factures salées pour les propriétaires. En 2026, la hausse se poursuit, mais se stabilise.
Vous avez reçu un avis d’augmentation de loyer et vous vous demandez pourquoi ? Vous cherchez un appartement à Montréal et les prix vous semblent toujours plus élevés ? Depuis quelques années, la hausse des loyers fait couler beaucoup d’encre. Mais pourquoi les loyers augmentent-ils ? Deux principaux aspects se cachent derrière ces hausses : les coûts que les propriétaires doivent absorber et le marché locatif. On vous explique le tout en termes simples.
Un reflet des coûts réels
D’abord, déconstruisons un mythe : tous les propriétaires ne sont pas des personnes mercantiles qui cherchent à s’en mettre plein les poches. Les augmentations de loyer reflètent avant tout une réalité économique : gérer et entretenir un immeuble coûte de plus en plus cher. Les propriétaires doivent assumer plusieurs frais qui augmentent, dont les taxes foncières, les assurances et les frais d’entretien et de travaux.
1. Les taxes foncières
Chaque année, les municipalités fixent leurs taux en fonction de leurs besoins budgétaires. Les taxes foncières permettent aux villes de financer les différents services publics (policiers et pompiers, transports en commun, aménagement, collecte des déchets, etc.), ainsi que de rembourser la dette.
Ces taxes varient selon la ville et l’arrondissement. À titre d’exemple, à Montréal, la hausse moyenne des taxes est de 3,8 %. Pour les propriétaires de Rosemont-La-Petite-Patrie et de Verdun, cette hausse s’élève à 5,4 % !
Cela a des répercussions directes sur les propriétaires, qui se voient forcés d’augmenter les loyers en conséquence.
2. Les assurances
La crise climatique met une véritable pression sur les compagnies d’assurances. Les assureurs doivent faire face à des pertes, ce qui se traduit par des primes plus élevées pour les propriétaires.
Selon Statistique Canada, les coûts de l’assurance habitation ont augmenté de 31 % en moyenne entre 2021 et 2025. Cette hausse est d’ailleurs encore plus marquée dans des provinces comme l’Alberta et la Colombie-Britannique.
3. Les frais d’entretien et de travaux
Un immeuble locatif demande un entretien constant : toiture, plomberie, isolation, fenêtres, etc. Ces investissements sont inévitables pour garder les logements sécuritaires et habitables. Lorsqu’un propriétaire effectue des travaux importants, l’augmentation du loyer est un moyen légitime d’amortir ces coûts.
Or, les rénovations, incluant les mises aux normes, viennent avec une facture plus salée qu’auparavant : depuis 2017, les coûts ont augmenté de 53 %, notamment en raison des prix des matériaux et de la pénurie de main-d’œuvre.
Dans le cas d’une tour résidentielle par exemple, les nombreuses commodités ont un prix pour les propriétaires qui doivent en assurer l’entretien.
4. Le coût des immeubles
La hausse du prix des matériaux de construction ont évidemment un impact direct sur le prix des nouveaux bâtiments. Au Québec, le coût de la construction des immeubles a connu une augmentation de 71 % depuis 2017, selon Statistique Canada !

L’offre et la demande : des augmentations de loyer liées au marché
Au-delà des coûts d’exploitation, les loyers obéissent aussi aux lois du marché. La croissance démographique s’intensifie, et l’offre de logements abordables demeure insuffisante. Les taux d’inoccupation sont très bas dans plusieurs régions du Québec, notamment à Montréal. Cela crée une situation où la demande est plus forte que l’offre, entraînant des prix plus élevés.
Un marché qui se stabilise
En 2026, les loyers continuent d’augmenter, mais la situation se stabilise par rapport aux années précédentes. En 2025, le Tribunal administratif du logement (TAL) avait suggéré une augmentation de 5,9 %, alors que ce taux est de 3,1 % en 2026. Cela demeure certes une suggestion (et non un plafond), mais elle permet d’adoucir les hausses.
Ce calcul repose sur les variables énoncées précédemment (taxes, assurances, frais d’entretien). Cependant, le TAL adopte une nouvelle méthode de calcul qui tient davantage compte de :
- L’indice des prix à la consommation (inflation)
- La moyenne sur plusieurs années
- Une pondération plus équilibrée entre les coûts et travaux
À noter que certains cas permettent une augmentation plus importante, par exemple en cas de travaux majeurs, d’un logement neuf ou d’une hausse significative des taxes municipales ou scolaires.
Si vous êtes locataire et recevez un avis d’augmentation qui vous semble abusif, sachez que vous avez des droits encadrés par le TAL. Toute augmentation qui dépasse le taux suggéré doit être défendable et documentée. Il vaut toujours mieux en discuter d’abord avec le locateur pour tenter de parvenir à une entente ; en dernier recours, le loyer pourrait être fixé par le TAL.
La transparence est la clé
Chez Groupe Accueil, nous croyons qu’une relation harmonieuse entre propriétaire et locataires repose avant tout sur la transparence. Si nous vous présentons une augmentation, c’est qu’elle reflète des coûts réels – et nous sommes toujours disponibles pour en discuter avec vous.
Vous vous questionnez sur votre bail ou sur vos droits lors d’un renouvellement ? N’hésitez pas à poser des questions à votre futur locateur.
Source des données :
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2229365/assurances-habitation-tarifs-couverture-climat


